Discrimination raciale en Suisse : ce que révèlent les cas de conseil en 2025
Le rapport actuel du Réseau de centres de conseil pour les victimes du racisme se fonde sur l’analyse de cas issus du système de documentation DoSyRa et offre un aperçu des situations dans lesquelles des personnes ont effectivement cherché du soutien.
Depuis 2025, la FOIS fait également partie de ce réseau.
Nous avons contribué à la base de données avec nos propres cas – des situations que nous rencontrons au quotidien, dans les échanges, dans les accompagnements, dans ces moments où les personnes concernées ne savent plus vers qui se tourner.
C’est précisément pour cette raison que ce rapport représente, pour nous, bien plus qu’une analyse externe.
Il rend visible ce que nous observons dans la pratique et permet de situer des expériences individuelles dans un contexte plus large, à l’échelle de la Suisse.

Un des résultats centraux du rapport concerne le racisme antimusulman.
Avec 281 cas documentés, il figure parmi les formes de discrimination les plus fréquentes et constitue en même temps la catégorie ayant enregistré la plus forte augmentation.
Pour nous, ce n’est pas un chiffre abstrait. Il correspond à ce qui nous est signalé ainsi qu’à ce que de nombreuses personnes vivent au quotidien. Souvent, il ne s’agit pas d’une seule forme d’attribution. Le racisme antimusulman se mêle à la xénophobie ou à des stéréotypes visant des personnes originaires du monde arabe. Les frontières sont floues – et les effets d’autant plus perceptibles.
Ce que le rapport met particulièrement en évidence, c’est que ces situations ne se produisent pas en marge de la société.
Elles se produisent au cœur du quotidien.
À l’école, où les enfants et les jeunes passent une grande partie de leur vie.
Sur le lieu de travail, où se jouent la stabilité et les perspectives.
Dans le voisinage, dans l’espace public ou encore dans les interactions avec les autorités et la police.

Rien que dans le domaine de l’éducation, 269 cas ont été recensés, et 210 sur le lieu de travail. Les signalements sont également nombreux dans l’espace public, dans les quartiers ainsi que dans les contacts avec les institutions étatiques.
Ce sont précisément ces espaces qui devraient garantir la sécurité et la participation.
Et pourtant, le rapport montre aussi ses propres limites : il ne rend compte que de ce qui devient visible. Si vous avez vous-même été confronté·e à des situations de racisme antimusulman ou si vous vous interrogez sur la manière d’interpréter une expérience, vous pouvez vous adresser à nous en tout temps.
La FOIS propose un point de contact confidentiel pour l’échange et le soutien.
Le rapport complet peut être consulté ici :
Sources des images: Incidents racistes recensés par les centres de conseil 2025
